REHANA RYMANBEE

REHANA Rymanbee

coach

REHANA a découvert ce qui allait guider sa vie professionnelle, par hasard, en tombant sur un prospectus en amenant son enfant à la crèche. REHANA s’est alors formée et a créé Larbreveillant, un centre de formation et de développement personnel. Elle travaille avec tous types de public: dans les écoles avec les élèves mais aussi les profs, des groupes de femmes sur Molenbeek et des groupes mixtes. REHANA répand autour d’elle une bienveillance et un calme à toute épreuve. D’origine mauricienne, REHANA a grandi dans un milieu multiconfessionnel et multiculturel. Son parcours atypique fait d’elle un coach exemplaire.

Pour COACH2START, REHANA démontre qu’une communication positive peut aider à comprendre et à être compris.
Je suis née à l’île Maurice. Ma mère est décédée quand j’avais 11 ans. Je me suis retrouvée, malgré moi, gardienne de son corps. Ils ont fait de moi la gardienne. J’avais envie de mourir, j’avais envie d’être avec elle. Une voisine était morte en buvant du pétrole. J’ai pensé faire la même chose. Mais une petite voix me disait que ce n’était pas sûr que je la rejoigne. J’ai décidé alors de vivre. Et ma première impulsion, ça a été de manger. Tout à coup, j’avais faim. J’étais bien la seule …

On m’a retirée de l’école. J’aimais beaucoup lire. Alors j’ai continué mon apprentissage seule. Lorsque j’avais 16 ans, un belge de 23 ans en vacances est tombé amoureux de moi. Je me suis dit que c’était un homme bien qui aller me donner un avenir. Je l’ai suivi.

J’arrive à Ath. Je décide de retourner à l’école, de passer mon CESS. J’ai fait ensuite un graduat en comptabilité. A cette période, j’ai enchaîné les formations, maçonnerie, photo, couture, allemand, espagnol, néerlandais, …. J’étais assoiffée d’apprentissage.

A l’âge de 23 ans, j’ai deux enfants. Je me pose beaucoup de questions. Mon mari veut que je reste à la maison. Je réalise que je suis en train de mourir, que je ne suis pas qui je suis. Je décide alors de tout quitter. J’embarque mes enfants et ma valise et je m’installe dans un 12 m² à Bruxelles.

A 24 ans, je rencontre l’homme qui deviendra mon second mari et avec qui j’aurai aussi deux enfants. Je découvre ce qu’est l’amour. Il est d’origine magrébine. Le choc des cultures est parfois assez violent. Je me souviens au tout début de notre relation d’avoir cuisiné pour lui. Je m’attendais à ce qu’il fasse la vaisselle. Au lieu de ça, il me dit : « Si t’as pas envie de faire la vaisselle, il faut pas faire la cuisine. » Je lui ai répondu : « Oui, c’est vrai, tu as raison, je ne t’avais rien demandé. » Je me suis alors levée. J’ai tout jeté à la poubelle, vaisselle comprise et je suis sortie. Quand je suis rentrée, il avait récupéré les plats et les avait lavés. Il ne fait, malgré cela, toujours pas la vaisselle.

En amenant un jour mon fis à la crèche, un courrier s’échappe de la boite aux lettres. C’est une brochure qui présente une formation à la « Communication Non Violente ». Je me suis inscrite et le deuxième jour, je savais que je voulais être formatrice. Cette formation m’a éclairée sur la relation que j’entretenais avec beaucoup de gens autour de moi. Mon mari me dit souvent que je ne suis pas normale. Il trouve que mon comportement n’est pas naturel. Je ne crie pas sur mes enfants. J’accepte qu’ils s’affirment. Autour d’une table, je sens parfois que les conversations se tarissent parce que j’arrive. Je mets mal à l’aise les commères…

Quand ma mère est morte, je me suis sentie très seule. J’ai alors, pendant longtemps, parlé avec un arbre, un manguier, un arbre veillant. Cette écoute silencieuse m’a fait du bien. C’est comme si je portais les préceptes même de cette théorie en moi, depuis toujours.