© AHSAN Ahmed Siddiqui

JEREMY Van De Walle

26 – 1180

J’ai grandi à Forest, Saint-Gilles puis Anderlecht. Mon environnement a eu une grande influence sur moi. Le plus difficile, c’est de réussir à faire sa place sans s’écraser les uns les autres, avec le plus de respect possible. C’est vrai pour beaucoup de personnes à Bruxelles qui arrivent à cohabiter en paix.

La musique est très importante pour moi. C’est ma base. C’est un milieu qui accueille tout le monde. Peu importe ce que tu fais, ça pourra faire partie de ce qu’on appelle la musique. Mais parents ont insisté pour que je fasse du solfège. Puis j’ai commencé les instruments avec le djembé, la basse pour ensuite passer sur ordinateur. Mais je veux que ça reste une passion. Vouloir en faire mon métier, ce serait prendre le risque de ne plus avoir la base pour tenir.

Scolairement, je me suis arrêté à la troisième secondaire. C’est le moment où mes parents ont divorcé et j’ai décroché. J’ai ensuite été balloté entre plusieurs instituts de réinsertion et différentes écoles, je n’arrêtais pas de changer d’endroit. Malgré tout, ça a été un apprentissage en soi, j’ai vu pas mal de paysage, de gens et j’ai vécu de sacrées aventures. A 18 ans, quand je n’ai plus eu le juge derrière moi, j’ai décidé d’arrêter l’école. J’avais très peu de moyen et aucune stabilité au niveau du logement. Et sans avoir cet équilibre dans sa vie, c’est compliqué d’entreprendre une carrière.

ART2WORK, ça a été un projet familial. Ma mère participait souvent à des évènements et elle voyait les gars d’ART2WORK travailler. Elle et mon parrain, ils m’ont poussé à postuler. Cette année a été un vrai parcours du combattant mais c’est pour moi une réussite d’être arrivé au bout. Ça m’a « reboosté » dans ma valeur car je sais que mon travail mérite un salaire. J’ai une valeur sur le marché. La variété des expériences m’a permis de rencontrer énormément de monde, j’ai appris à manipuler de nombreuses machines, j’ai découverts plein d’univers différents. Sans oublier tous ce que je vais encore réaliser d’avoir appris.

Aujourd’hui, je veux prendre un peu le temps de récupérer de cette année intense. Je voudrais m’améliorer encore au niveau de ma condition physique et garder une bonne hygiène de vie Je veux prendre un peu de temps pour faire le tri de ce que j’avais envie de faire par la suite. Je me connais beaucoup mieux par rapport au monde de l’emploi. L’évènementiel me plaît beaucoup mais je reste attiré par l’Horeca, l’accueil, …

J’ai du mal à me projeter mais, dans 20 ans, j’espère être en bonne condition physique. J’ai eu peur pour ma santé à un moment dans ma vie. Il me faudra un peu de temps pour être rassuré à ce niveau-là. Le monde professionnel m’a bien aidé. On dit que le travail c’est la santé.


Juin 2018