© YOUSRA Daly

CELINE Kayogera

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J’ai beaucoup déménagé. Je me rends bien compte que je n’ai aucun attachement à un lieu. Quand je m’installe, ce n’est jamais pour longtemps. J’aime bien la vie nomade.

Quand j’étais ado, j’étais membre active de la cellule Amnesty International au sein de mon école. En prenant du recul, c’est un peu ça qui m’a donné goût à la communication. On voulait sensibiliser nos camarades d’école aux droits humains à travers le monde. On réfléchissait ensemble à quelles actions mettre en place. J’aimais faire ça. C’est ce qui m’a conduite à entamer des études de communication à l’ISFSC.

En sortant des études, j’ai cherché du travail. Mais quand tu n’as aucune expérience, aucun employeur n’a envie de t’engager ! Je me souviens de mon premier entretien d‘embauche. C’était un moment très gênant. Personne ne te prépare à ça, à expliquer tes défauts par exemple. Et forcément, les premiers défauts qui te viennent, ce sont les vrais … Du coup, j’ai appris à chercher un travail.

On m’a finalement donné ma chance et j’ai travaillé près de 10 ans en tant que chargée de Communication dans différentes structures. Toutes ces expériences m’ont permis d’être au clair avec ce que je voulais. De l’autonomie, des responsabilités, de la polyvalence et des missions claires. Petit à petit, je me suis renseignée sur comment devenir indépendante. J’ai assisté à pas mal de formations liées à l’entreprenariat. Et je suis finalement tombée sur le concept de la coopérative d’activité BACKSTAGE. Ils m’ont aidé à assumer le fait que j’avais envie d’évoluer dans le monde de la musique urbaine.

La musique, ça vient de mes parents. Mon père avait énormément de disques. Il y avait toujours un fond sonore à la maison. Le rap, c’est plutôt venu à l’adolescence. Je suis de la génération IAM, NTM, … Je pense que l’année où j’ai commencé à écouter du rap, c’était la sortie de l’École du Micro d’Argent. C’est comme ça que j’ai accroché.

Au 1er juin 2017, j’ai lancé une agence de communication, spécialisée dans des projets axés musique urbaine. Les missions vont de la rédaction d’un dossier de presse à la promotion d’un festival, en passant par l’organisation d’un évènement (concert, tremplin musical, …). Le plus gai, c‘est de te dire que tu bosses pour toi et d’être bien dans ce que tu fais. Le plus dur, c’est d’être toute seule, de ne pas avoir de regard extérieur.

Ça reste une prise de risque et j’en suis fière. Je suis contente d’avoir des clients qui sont contents même s’il y en a qui le sont un peu moins. Ça m’aide à évoluer. Et ma mère trouve ça cool. Ma mère, c’est important. C’était un peu le premier test. Mon premier business plan, c’est à ma mère que je l’ai présenté. Si je n’arrivais pas à la convaincre, ça allait être problématique. J’avais besoin de son aval pour être sereine dans mon projet. Même si parfois je crois qu’elle ne comprend pas tout ce que je fais…

Juin 2018

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