© YOUSRA Daly

FOUAD Chetioui

36 – 1030

Mes parents viennent de Tunisie. Ils sont arrivés dans les années 60. On a grandi à Schaerbeek, dans un quartier populaire. On était 5 enfants à la maison. Mon père a toujours accordé beaucoup d’importance aux études. Il nous a beaucoup poussés, beaucoup cadrés.

Petit, j’étais un grand rêveur. J’aimais les spectacles, j’avais envie de faire de la photo, de la vidéo, de la musique, d’être avocat, médecin, ... j’avais envie de faire plein de choses et c’est toujours le cas aujourd’hui. Je voulais éviter à tout prix de faire la même chose toute ma vie.

J’ai entamé des études en communication à l’IHECS mais j’étais très frustré car ça manquait de pratique. J’ai continué avec une formation en réalisation audiovisuelle en alternance. On travaillait 4 jours par semaine. C’était mieux pour moi, je voulais être actif. Ça m’a permis de commencer à travailler en télévision en tant qu’assistant de production. Je suis finalement resté 5 ans. Mais il faut avouer que c’est compliqué en tant que pigiste car tu ne signes que des contrats précaires.

Suite à cette expérience, j’ai décidé de lancer ma boîte de production audiovisuelle et, peu de temps après, une société dans l’évènementiel. Je suis un autodidacte, je passe des heures à regarder des tutoriels. En ce moment, je suis en train de lancer un autre projet dans le domaine du web et de la musique. En général, tous les 2 ans, je me lance un nouveau défi. J’évolue dans les secteurs qui me plaisent et je suis assez fier d’avoir accompli mon rêve d’enfant. Je lance des projets. Ça marche, ça ne marche pas, ce n’est pas grave. Il ne faut pas avoir peur de rater car on apprend plein de choses. Il faut juste bien choisir les personnes avec qui on va travailler.

Mon énergie, je la tire de ma curiosité, de mon envie d’en apprendre toujours plus, de mon besoin de rencontrer du monde. J’aime vivre tout simplement.

Ma spécificité, c’est que je ne lâche rien. Certains vont dire que je suis têtu. Je me donne juste les moyens de réaliser mes idées. Et, surtout, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis.

Mes idées, c’est des constats, des rencontres, c’est trois bières, c’est plein de choses. C’est vraiment de l’observation. Et je ne me mets pas de limite. J’ai un cerveau qui bouillonne. Je le laisse fonctionner, divaguer et je note. J’ai des carnets remplis d’idées. Je vais y piocher de temps à autre.

Dans 20 ans, je me vois dans un autre projet de vie, comme gestionnaire d’une maison d’hôte. C’est un projet qui me parle depuis longtemps. Je me vois ailleurs, au soleil, c’est super important pour le moral.

Juin 2018