IKRAM Hamri

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J’ai grandi à Anderlecht. J’ai un grand frère, une grande sœur et j’ai ma jumelle. Ma sœur jumelle, à l’école, on l’appelait le feu et moi c’était l’eau.

J’ai eu un parcours scolaire assez compliqué. Dès les primaires, j’ai été placée dans l’enseignement spécialisé. En secondaire, j’étais dans une école où les seules options étaient le nettoyage, la cuisine, … Mais je ne voulais pas d’un avenir comme ça. Ma mère a travaillé dans le nettoyage et elle n’a eu que des problèmes de dos. Heureusement, je suis tombée sur un éducateur qui a joué un rôle très important. C’est grâce à lui si je n’ai pas mal tourné. J’étais impressionnée par son travail auprès des jeunes, la manière dont il réagissait. Et heureusement qu’il était là car les profs ils te « descendent » tout le temps. A un tel point qu’à la fin, tu te dis toi-même que tu ne vas jamais y arriver. Et c’était mon cas.

En dernière année, je stressais car je ne voyais aucun avenir pour moi. J’ai passé un test d’orientation et ce qui semblait me convenir, c’était agent d’accueil. Je me suis inscrite au CEFA de Laeken. Mais c’était impossible de suivre les cours normalement. Mes stages ne se sont pas bien passés non plus. Bref, j’ai décidé d’arrêter. Je suis tombée au chômage jusqu’à ce qu’on me propose un contrat d’insertion. J’ai travaillé chez Blokker où je faisais un peu de tout. J’ai ensuite été rappelée par ma coache chez Actiris qui m’a proposé un contrat d’un an comme steward au MuntPunt. Mais quand j’ai compris qu’en tant que steward je devais fermer le bâtiment tard le soir en plein centre-ville, j’ai refusé. Ce n’était pas pour moi. J’ai rappelé ma coache chez Actiris et on a à nouveau cherché ensemble et on est tombées sur une offre d’agent d’accueil chez D’Broej. J’ai passé un entretien et j’ai été prise directement. Je travaillais 2 jours à Etterbeek à la Maison de Jeunes Chambery et 1 jour dans le centre à la Brussels Boxing Academy. J’ai découvert des publics différents, des endroits différents. Et mon collègue m’a directement intégrée dans le travail auprès des jeunes. Petit à petit, je suis rentrée dans l’animation et j’ai découvert que j’aimais beaucoup ça. La journée, tu as le temps de faire tout l’administratif et le soir tu animes les jeunes. Avec les jeunes tu bouges, tu découvres et ça t’animes car tu es toujours en train d’apprendre aussi à leur contact. Tu te dépasses car tu dois montrer l’exemple.

Récemment, mon contrat s’est achevé. J’ai suivi COACH2START et ça n’a fait que confirmer mon envie de me former en tant qu’animatrice socio-culturelle. Mais dans le même temps, j’ai besoin d’un travail pour construire mon projet de me marier et partir de chez mes parents. Peut-être que je parviendrai à concilier les deux ? Finalement je n’aspire qu’à une seule chose, c’est vivre en paix.

Avril 2018